03 novembre 2010

A contre sens...

"Il s’est parfois comporté comme un chauffeur roulant à contresens qui pense que tous les autres se trompent."

Ces propos de l'ex-porte-parole de l'archevêque de Malines-Bruxelles disent, me semble-t-il, très bien le coeur de la personalité de celui qui devrait présider à la charité dans l'Église de Belgique. Mais de charité, ces derniers temps, il n'en montre guère.
Dans une lettre ouverte parue ce matin dans La Libre, le CIL (Conseil interdiocésain des laïcs, dont je fais partie) dit, entre autres : "Nous les laïcs, hommes et femmes, nous n’allons pas nous résigner à ce décalage complet de l’Institution par rapport à notre temps. Le temps est venu, d’oser contester publiquement, transgresser, cesser de toujours obéir passivement. Les laïcs doivent, comme chrétiens baptisés, membres à part entière de la communauté chrétienne, être associés à rendre le monde et l’Église plus humains."

Une amie, très chère à mon coeur, m'envoyait hier soir la prose récapitulative du jour commise par le prélat. Une fois de plus, celui-ci s'y présente en victime des médias, incompris de ceux qu'il aime, etc.

"La vague de réactions, plus que négatives, suscitées par ce qu’on appelle « mes propos » a sans doute secoué certains d’entre vous. Peut-être même ces réactions d’indignation étaient-elles aussi les vôtres… Moi-même je réagirais vivement à ces « propos » tels qu’ils vous ont été présentés.
Parmi tant d’autres possibles, trois « propos » scandaleux ont été mis en avant par les médias : 1) un concernant le sida, que je présenterais comme une juste punition envoyée par le ciel à ceux qui adoptent certains comportements sexuels osés ; 2) un concernant les homosexuels que je stigmatiserais comme des êtres anormaux ; 3) un concernant les prêtres ou religieux, coupables d’abus sexuels graves, auxquels je voudrais épargner un procès en justice civile, quand ils sont âgés ou malades. Examinons l’un après l’autre ces trois griefs." Et l'orgueilleux épiscope de se faire doctissime dans la suite.


Á propos de la "justice immanente", il dit : "Je concède que l’expression n’est pas connue de tout le monde. Mais, quand on répond à un journaliste, on répond à une personne, par définition, cultivée, qui travaille du matin au soir et du soir au matin avec les mots et connaît donc parfaitement leur sens. Sans compter qu’il a au moins deux dictionnaires à portée de main." Et la suite des propos se fait sur le même ton, fait de miel et de fiel, digne des meilleurs sophistes !

Sur les personnes homosexuelles, après avoir dit : "On a tenté de me faire dire cette monstruosité, à savoir que les homosexuels seraient des anormaux ou des malades", le philosophe affirme : "Je pense, d’un point de vue philosophique, qu’il y a dans la tendance et dans la pratique homosexuelle, une orientation qui n’est pas cohérente avec la logique objective de la sexualité. Cette logique de la sexualité (végétale, animale et aussi humaine) consiste à « différencier » et, en quelque sorte, à « séparer » le masculin et le féminin en permettant ainsi leur complémentarité." Et de faire avec abondance la différence entre jugement philosophique (qu'il tient avec fermeté !) et propos injurieux et discriminatoires (qu'il n'aurait jamais tenus).

Sur le scandale des prêtres pédophiles, celui qui se fit appeler jadis Mutien (saint frère très humble de Malonne) insinue qu'il aurait été piégé par le journaliste. "En répondant à cette question délicate (était-ce un piège ?), j’avais dans le cœur l’expérience bouleversante que j’avais vécue récemment. Des victimes étaient venues me raconter leur tragique histoire vécue avec un prêtre qui avait gravement abusé d’elles. Elles m’ont dit explicitement : « nous ne voulons pas aller en justice ; c’est d’ailleurs de toute façon trop tard ; nous ne voulons pas non plus que ce prêtre, vieux et malade, soit mis publiquement au pilori ; nous demandons seulement que vous alliez le trouver et que, devant vous, il reconnaisse le mal qu’il a nous a fait et dont nous souffrons encore aujourd’hui »." Et à partir de cet exemple d'arriver à une généralité qui surprend...
En terminant, il affirme : Je suis, certes, soucieux de toujours dire ce que je pense en conscience être la vérité. Cela peut surprendre, parfois, mais mon but n’est jamais de choquer."

Dans toute cette mise au point, selon moi, André Léonard ne se pose pas une seule fois la seule question nécessaire : puisque je suis la cause de réactions fortes, de blessures profondes et de divisions patentes, n'y a-t-il pas chez moi des attitudes et des paroles à changer, une autre manière de faire qui permettrait que l'Évangile et Jésus soient accueillis aujourd'hui ? Pourquoi suis-je incompris ? Est-ce de leur responsabilité ou de la mienne ?

Aujourd'hui, j'attends avec patience, et en résistance, que le Seigneur entende le cri de son peuple ! Un cri de douleur provoqué par l'attitude pleine d'orgueil de celui qui depuis toujours se rêve le sauveur de l'Église de Belgique, alors que, pour le moment en tout cas, il en est plutôt le fossoyeur...

09:29 Écrit par Ben dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Je ne pourais le dire mieux...merci.

Écrit par : Seb | 03 novembre 2010

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Excellente réflexion, Ben ! Merci

Écrit par : Etienne | 06 novembre 2010

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