07 septembre 2011

Papa

Samedi dernier, papa est mort.
Nous célébrerons ses funérailles demain.
Son départ me bouleverse, tant il vient remuer ma vie.
Je n'ai pas de mot pour exprimer ce que je ressens.
Mais dans la foi, je le confie au Seigneur.

Un ami qui m'est cher m'a envoyé ce texte.
Il résonne juste à mon coeur.

 

Notre Dieu, nous te rendons grâce pour cette vie qui a cessé d'être vivante à nos côtés 
et que nous accompagnons maintenant 
là où le corps revient à la poussière, 
au bord de notre mémoire, 
où se maintient la saveur unique de ceux qui ont été, 
au bord de notre foi, 
qui résonne de promesses et d'achèvements 
qui dépassent notre cœur et notre intelligence.

 

Nous sommes venus 
pour accompagner cette existence humaine, 
qui ne nous tient pas désormais compagnie, 
mais qui nous réunit maintenant dans la gratitude, 
dans le deuil et dans l'écoute.
C'est en gratitude d'abord que nos cœurs te parlent; 
nous te remercions pour ce qui s'est passé, 
pour nous et pour le monde, 
dans cette existence achevée et inachevée.
Elle est achevée, et nous tenons à exprimer, 
dans le silence où chacun se parle et te parle, 
combien nous avons reçu 
et peut-être aussi insuffisamment exprimé 
le prix qu'avait cette vie pour chacun d'entre nous.
Elle est inachevée, 
non seulement parce que la mort coupe toujours à l'inattendu, 
mais aussi parce que cette vie, 
comme chacune de nos vies, 
a été insuffisante, loyale et pardonnée.

 

C'est en deuil que nous te parlons maintenant. 
Nous sommes dans le manque radical qu'est pour nous la mort. 
Nous ne pouvons ni ne voulons en diminuer l'étreinte. 
Comme les disciples de ton Fils, 
au soir où Jésus est mort, 
nous n'avons rien d'autre à faire qu'à nous taire et à pleurer. 
Nous sommes, quel que soit notre âge, 
notre habitude ou notre premier désarroi, 
des amputés, qui ont perdu un membre 
et en ressentent la longue plaie.

 

C'est aussi, encore, toujours, dans l'écoute 
que nous voulons maintenant nous remettre. 
Nous ne savons pas bien quel est le sens de l'au-delà 
et ta Bible ne nous renseigne guère sur la destinée des morts. 
Mais tu l'as dit, avec une inlassable répétition: 
" Un jour, vous verrez celui en qui vous avez cru. 
Un jour, le dernier jour, mon Royaume viendra 
pour le relèvement de tous les morts."

 

Que ton Fils Jésus-Christ soit notre accompagnement 
dans les trois dimensions de nos vies: 
la reconnaissance de la mémoire, 
la brisure du deuil 
et l'attente de la promesse.

 

Amen.


16:34 Écrit par Ben dans Ma vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |